Barack Obama et le défi d’Internet

Barack Obama sera à la génération Internet ce que John F. Kennedy fut pour la première génération de téléspectateurs américains.

Cette phrase représente assez bien les attentes et les défis que devra affronter le nouveau président élu américain. L’homme qui doit une grande partie de son succès financier et populaire à la génération Internet doit maintenant s’assurer que ses actes sont cohérents avec sa parole et ses promesses. Il faut se rappeler que, lors de sa campagne, Barack Obama a annoncé qu’il désirait défendre l’équité sur Internet et fournir un accès à chaque Américain. À ce sujet, l’ancien sénateur de l’Illinois a déjà déclaré qu’il désirait voir l’accès à Internet être aussi répandu que celui au bon vieux téléphone filaire.

Conscient de l’importance économique, politique et sociale qu’a prise Internet aux États-Unis, Barack Obama a promis la création d’un poste de directeur informatique dans son administration. C’est sans parler des modifications aux traditions de Washington. Obama souhaite mettre en ligne certaines rencontres gouvernementales pour permettre aux Américains d’avoir un contact plus direct avec l’administration. Il veut également que des représentants de l’État tiennent des rencontres en ligne pour les présenter aux commettants américains et pour répondre à leurs questions. Et puis, il y a cette base de données que Barack Obama veut créer pour permettre aux contribuables de suivre les dépenses du gouvernement et voir concrètement à quoi servent leurs impôts.

Voilà pour les promesses branchées à réaliser, mais, entre-temps, l’équipe Obama n’a pas perdu de temps pour mettre en ligne une passerelle virtuelle baptisée Change.gov pour s’assurer un accès direct entre elle et la population américaine. L’équipe du nouveau président a beau compter sur une armée de trois millions d’internautes qui ont contribué à sa campagne et plus de dix millions qui ont donné leurs coordonnées pour suivre sa campagne en direct par Internet ou cellulaire, des renseignements conservés précieusement, la nouvelle administration veut garder cette image d’équipe ouverte et sensible aux préoccupations du peuple américain.

C’est pourquoi, en plus des communiqués de presse, des déclarations et des apparitions officielles du nouveau président, le site Change.gov commence à présenter des segments vidéo de divers membres de l’équipe Obama, en commençant par Valerie Jarrett, la codirectrice de l’équipe de transition qui explique notamment comment la nouvelle administration américaine va gérer l’univers des lobbyistes à Washington à compter du 20 janvier prochain.

Ce nouveau site, c’est également l’occasion pour Barack Obama de donner rendez-vous aux internautes américains chaque samedi, jusqu’au 20 janvier prochain. Comme l’avait fait Franklin Roosevelt une toute première fois à la radio en décembre 1923, Obama passe maintenant de la radio à la vidéo sur YouTube pour atteindre la génération Facebook et MySpace et lui livrer le message démocrate de la semaine.

Sur un plan plus personnel, le nouveau président Barack Obama aura peut-être un dur choix à faire et dire adieu pour quelques années à son fidèle compagnon BlackBerry. Depuis le début de sa campagne, on a toujours vu sur les photos de coulisses un homme tenant à la main son BlackBerry. Comme la plupart des grands hommes d’affaires et décideurs de sa génération, Barack Obama avait depuis quelques années un de ces appareils greffés à sa personne jour et nuit. Mais, dans une soixantaine de jours, son nouveau statut de président des États-Unis pourrait mettre un terme à cette habitude.

Car selon bon nombre d’analystes qui se penchent sur cette question, la loi qui régit l’archivage des communications présidentielles, le Presidential Records Act, risque bien de ne pas permettre l’utilisation d’un BlackBerry par le président américain. Cette loi, qui garantit l’accès à toutes les communications présidentielles officielles aux représentants de la loi et au grand public, semblerait causer un problème. Est-ce que le président Obama demandera d’adapter cette loi au contexte pour mieux servir cette administration plus branchée ?

Mais d’autres analystes avancent que, pour des raisons de sécurité et, surtout, en raison des risques d’interception des messages, le président ne devrait pas avoir le droit d’utiliser un tel appareil. D’ailleurs, à la veille de son entrée à la Maison-Blanche, George W. Bush avait envoyé un message d’au revoir à une quarantaine de correspondants pour les aviser qu’il ne pourrait plus communiquer avec eux par courriel. Mais à compter du 21 janvier prochain, il pourra sûrement renouveler sa correspondance avec son adresse g94b@aol.com.

C’est donc dire que Barack Obama devrait dire adieu à la fois à son BlackBerry et à son courrier électronique personnel. Deux compagnons qu’ils l’ont suivi fidèlement depuis des années. Pour un président qui souhaitait travailler à partir de son ordinateur portable dans le Bureau ovale, disons que la situation s’annonce plutôt mal. Mais l’espoir demeure quand même, car il y a un précédent. Dans l’administration Clinton, vers la fin de son mandat de vice-président, Al Gore utilisait à la fois une adresse officielle du gouvernement et une autre pour ses communications personnelles. La suite, le 20 janvier prochain!

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