Le séduisant marché du livre électronique

C’est ce matin que l’on devrait découvrir le nouveau livre électronique du libraire américain Amazon, le Kindle 2.0. La semaine dernière, des journalistes et des blogueurs qui couvrent le domaine du livre et de l’électronique ont reçu une invitation pour assister à une conférence de presse du cybermarchand. Sur cette convocation, pas de détail au sujet de l’annonce, seulement un lien qui dirige les invités directement vers une adresse new-yorkaise liée au monde littéraire.

En rupture de stock depuis qu’Oprah Winfrey a fait la promotion du produit et après avoir vendu plus de 500 000 exemplaires de son Kindle (les chiffres ne sont pas d’Amazon, mais d’un analyste de Citigroup), le cybermarchand doit maintenant s’assurer de garder l’avantage dans un secteur qui semble vouloir décoller. S’il était le numéro un dans le domaine, talonné par Sony avec son Sony Reader, Amazon doit maintenant s’assurer de répondre à la demande et, surtout, d’offrir encore mieux, avec une plus grande autonomie.

Parallèlement à cette annonce d’aujourd’hui, le libraire américain devrait bientôt annoncer l’arrivée d’une version mobile de son Kindle. J’attends, par mobile, une version pour téléphone cellulaire qui donnera accès à son catalogue de 230 000 livres électroniques. Une décision stratégique alors que le libraire Amazon vient de voir apparaître dans son rétroviseur deux nouveaux joueurs d’importance, Google et l’iPhone.

Google a en effet annoncé que tous les titres disponibles à partir de son outil de recherche Book Search seraient maintenant proposés aux utilisateurs d’appareils iPhone et G1, le téléphone cellulaire qui utilise le système d’exploitation Android de Google. Pour donner un peu de perspective à cette offre, il faut rappeler que Google confirmait en octobre dernier la disponibilité de plus de sept millions d’ouvrages provenant des grandes bibliothèques universitaires et de 20 000 éditeurs, partenaires de l’initiative. Des sept millions de livres offerts en ligne, un million de titres sont disponibles en totalité, un million de livres proviennent du domaine public et cinq millions d’ouvrages ne sont plus disponibles sur le marché.

Second concurrent en devenir, l’iPhone. Cette fois, Apple n’est pas derrière cette nouvelle offensive, mais plutôt une entreprise canadienne. C’est la chaîne de librairie Indigo Books & Music qui veut transformer le cellulaire d’Apple en véritable livre électronique. Certains logiciels existent déjà pour faire de l’iPhone et de l’iPod Touch un lecteur de document texte, mais, cette fois, c’est une entreprise déjà établie avec son réseau de magasins «en brique et en mortier» qui veut tenter sa chance dans le marché du livre électronique.

Disponible en téléchargement avant la fin du mois à partir de la plateforme App Store, le logiciel permettra d’emprunter une passerelle virtuelle vers le catalogue du service Shortcovers. Une fois branchés, les utilisateurs auront accès aux premiers chapitres de milliers d’ouvrages, laissant ensuite le choix aux lecteurs d’acheter le titre dans sa totalité ou seulement un chapitre à la fois.

Chez Shortcovers, on dit vouloir offrir 200 000 extraits dès le lancement du service, dont 50 000 titres qui seront disponibles en téléchargement complet et, du nombre, environ 17 000 seront du domaine public. Les livres seront vendus entre 10 et 20 dollars et un chapitre de guide touristique sera offert au coût de 99 cents. Les utilisateurs de BlackBerry devraient également avoir accès au nouveau service d’Indigo sous peu.

Reste à voir maintenant si Shortcovers offrira des titres en français et si des éditeurs francophones seront assez audacieux pour offrir leurs ouvrages sur cette plateforme. Mais dans un contexte où l’industrie du livre a connu une baisse dans ses ventes l’an dernier alors que le livre électronique connaissait un essor de 80 %, la tentation sera peut-être assez forte pour faire le saut. Chose certaine, pour Amazon le pari aura été rentable, car on estime que, l’an prochain, les revenus du Kindle pourraient compter pour 4 % du chiffre d’affaires du libraire, ça signifie 1,4 milliard de dollars américains.

Chez nous, quelques maisons d’édition spécialisées dans le livre électronique tentent depuis un moment de séduire le lecteur et sont déjà prêtes pour cette transition dans le paysage littéraire. Un engouement chez nous pour ce nouveau support permettrait à des maisons d’édition comme celle de la Fondation littéraire Fleur de Lys et Robert ne veut pas lire de faire connaître de nouveaux auteurs et de proposer du contenu québécois sur les iPhones de la planète. À suivre!

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Classé dans Livre électronique

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