Le Parti québécois prépare une offensive sur Internet

Il faut plus qu’un simple site Web pour qu’un parti politique puisse exploiter avec efficacité les outils qu’offre Internet. Sur la scène québécoise, le PQ et Québec solidaire semblent avoir une longueur d’avance sur les autres partis en cette matière.

Une petite visite sur le tout nouveau blogue du tout aussi nouveau président du Parti québécois nous confirme l’approche imminente d’une campagne Web de la part du PQ. Une campagne qui devrait servir à «déboulonner des mythes et déplacer de l’air» sur la Toile, selon les affirmations du président du PQ, Jonathan Valois.

Pour amorcer cette nouvelle offensive sur Internet, les stratèges nouveaux médias de l’opposition officielle ont notamment fait appel à la chef, Pauline Marois, mais également aux députés Bernard Drainville, Maka Kotto, Louise Beaudoin et le président lui-même, Jonathan Valois. Très bientôt, on aura droit à une série de capsules Web qui mettront en vedette des stars du PQ qui répondront à des questions de façon spontanée.

Cette campagne Internet comme le nouveau blogue de Jonathan Valois illustrent bien l’utilisation d’Internet que les partis politiques québécois devraient faire entre les campagnes électorales. Je dis devraient, car, mis à part le PQ et Québec solidaire, aucun parti présent à l’Assemblée nationale n’utilise convenablement le potentiel d’Internet entre les campagnes électorales.

Campagne après campagne, les partis veulent se donner une image branchée sur Internet pour démontrer aux plus vieux de la génération Internet qu’ils sont dans le coup. Le hic, c’est qu’aujourd’hui pour être dans le coup, les partis doivent être en ligne et actif 365 jours sur 365. Et pas seulement avec des textes qui font pour une xième fois la promotion de la décision gouvernementale dans tel ou tel dossier ou avec un espace de discussion dont le plus récent message remonte au mois de décembre dernier.

L’utilisation d’Internet comme outil de communication avec le citoyen en 2009 demande plus de rigueur dans son utilisation. Plus d’investissement de la part des partis pour s’assurer que la communication puisse se faire dans les deux sens entre le parti et les citoyens, qu’ils veulent si ardemment représenter à l’Assemblée nationale.

Avec plus de 4,4 millions d’adultes québécois qui utilisent Internet, selon l’édition mars 2008 du sondage Léger Marketing/CEFRIO, comment un parti politique peut-il aujourd’hui s’offrir le luxe de passer à côté de ce lien privilégié avec le citoyen? Heureusement pour les partis, les membres sont plus actifs que leurs permanences et utilisent de plus en plus les outils du Web 2.0 pour discuter entre eux. Et une petite recherche sur Facebook montre bien le désir des citoyens engagés politiquement de discuter, de promouvoir et de recruter, de façon moins traditionnelle.

C’est le Parti québécois qui semble le mieux tirer son épingle du jeu avec plus de 4812 membres sur sa page Facebook. Québec solidaire est bon second avec 3100 membres, l’ADQ traîne loin derrière avec une page «pas officiellement affiliée» créée par des sympathisants adéquistes et, finalement, le parti du gouvernement, le Parti libéral du Québec, compte seulement 733 membres.

Du côté de Twitter, l’affaire se corse. Seul Québec solidaire assure une présence active. À l’ADQ, la Commission Jeunesse a bien lancé une page Twitter, mais on y trouve seulement quatre messages. Le Parti libéral est absent et, pour ce qui est du PQ, il est absent malgré une promesse d’y garder une présence.

Pour la petite histoire, lors de la plus récente campagne, le PQ était présent sous le slogan de campagne «QuebecGagnant». Dans les archives de Google, on peut clairement lire que l’administrateur du compte du PQ s’engage à demeurer sur le réseau de microblogage en affirmant le 9 décembre à 8h54 du matin: «Sur Twitter, nous sommes là pour rester.» Malheureusement, on connaît la suite. Lors de la publication du dernier message, le compte du PQ comptait déjà 317 abonnés.

Avec un peu moins de quatre ans à faire «normalement» avant les prochaines élections, il faut seulement espérer que les services de communications des grands partis allumeront et tireront des leçons des dernières élections américaines et, surtout, feront un virage important dans leur utilisation d’Internet et des divers outils qui s’y trouvent pour garder un lien avec les citoyens. Car des citoyens respectés seront sûrement plus enclins à se déplacer le jour du prochain vote. Les partis doivent comprendre qu’il en va de leurs intérêts et, plus important encore, de la santé démocratique du Québec en 2009.

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