Napster, le logiciel qui a métamorphosé la culture

En juin 1999, un jeune étudiant de Boston invitait ses connaissances à télécharger un nouveau logiciel qu’il venait d’inventer pour mettre en commun l’ensemble de leur collection musicale. Mais, à l’époque, Shawn Fanning était loin de se douter qu’il allait révolutionner l’industrie du divertissement.

Pourtant, c’est lui et son logiciel Napster qui sont à la source d’une métamorphose complète de la distribution du produit culturel numérique dans le monde. Car si l’industrie du disque aux États-Unis a réussi à faire cesser les activités du tout premier réseau d’échange de fichiers grand public en 2001, il n’en demeure pas moins que Napster aura su donner le goût du partage aux internautes de la planète.

Au plus fort de sa popularité, pour le plus grand malheur des compagnies de disques et des ayants droit, Napster comptait 60 millions d’utilisateurs. Un nombre très important alors que l’on évaluait la population Internet à 300 millions d’usagers au début des années 2000.

Les grandes maisons de disques ont donc eu raison de Napster, mais sa disparition n’allait pas pour autant faire disparaître la pratique de l’échange en ligne. L’habitude et surtout la notion du «buffet ouvert» étaient maintenant trop ancrées dans les pratiques quotidiennes des internautes pour disparaître aussi facilement. Et c’est ainsi qu’un Napster céda sa place à des logiciels et des réseaux d’échanges beaucoup plus puissants et surtout, beaucoup plus dommageables pour l’industrie du divertissement dans son ensemble.

Pas seulement la musique

Car si Napster permettait l’échange de musique sous la forme de fichier MP3, les clones de Napster eux, les Gnutella, Kazaa, LimeWire ou Morpheus permettaient l’échange de tous les types de fichiers. Ce n’était plus uniquement l’affaire des gens de la musique, désormais tous les producteurs de produits culturels devaient voir leurs films, leurs émissions de télévision, leurs logiciels, leurs jeux vidéo et leurs livres partagés à leur insu, sous leurs yeux.

Il faut comprendre que le phénomène Napster représentait à l’époque une sorte de rébellion du consommateur envers les géants du disque. Ayant vécu en peu de temps le passage de nombreux supports musicaux, et devant débourser chaque fois pour obtenir le même album sur disques, sur cassette, sur cassette huit pistes, sur disque compact, sur DAT, à quelques années d’intervalles, l’arrivée du fichier MP3 semblait offrir un vent de libération.

En fait, Naspter confirmait cette perception. Pour la toute première fois, les consommateurs pouvaient accéder à leur album préféré, sur ce nouveau support musical, sans devoir payer pour une deuxième ou troisième fois la maison de disque, le distributeur, le producteur, l’interprète, les musiciens, les auteurs et les compositeurs.

Des gagnants

Cela étant dit, il faut préciser que, dans l’industrie du divertissement, tous n’ont pas été malheureux. Bien que le premier baladeur numérique soit sorti sur le marché en 1998, c’est seulement avec la popularité croissante de Napster, et ses clones, que ceux-ci vont véritablement prendre une place importante dans le marché de l’électronique. Un engouement qui va permettra à Apple de lancer son baladeur iPod, suivi de son service de musique en ligne iTunes.

Comme dans toutes les belles histoires, le héros revient toujours victorieux à la fin. Mais dans le cas de Napster, seule la raison sociale a survécu aux foudres de l’industrie de la musique américaine. Un an après avoir fermé ses portes, la marque Napster était achetée par un producteur de contenu pornographique. Rachetée ensuite par l’éditeur de logiciel de copie Roxio pour lancer un service de musique en ligne et plus récemment, vendue à la chaîne de magasins de matériel électronique Best Buy.

Aujourd’hui, dix ans après sa création et surtout, après de nombreuses métamorphoses, le service de musique en ligne Napster est toujours présent sur Internet. Celui-ci annonçait encore la semaine dernière un nouveau forfait pour attirer une nouvelle clientèle chez nos voisins américains.

Désormais, avec un abonnement de 5 $ par mois, les internautes américains peuvent accéder à tout le contenu musical du catalogue de Napster (plus de sept millions de titres) en écoute libre et télécharger gratuitement cinq pièces par mois. Cinq chansons gratuites, comme à ses débuts. Au Canada, pas de changement dans la tarification du forfait pour l’écoute en ligne, sans les cinq chansons gratuites, il demeure à 14,95 $ par mois.

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