Bernard Landry, père de l’industrie du jeu vidéo au Québec

Bernard Landry

Photo officielle du premier ministre Bernard Landry

C’est aujourd’hui que commence à Montréal la sixième édition du Sommet international du jeu de Montréal à l’hôtel Hilton Bonaventure. Et entre les présentations des réalisateurs vedettes de l’industrie qui viennent de partout dans le monde pour partager leur passion avec d’autres créateurs de jeux, les organisateurs de l’événement ont programmé une conférence du père de l’industrie du jeu vidéo au Québec, Bernard Landry.

Ce sera la première fois que l’industrie québécoise du jeu vidéo rendra ainsi hommage à l’homme politique en l’invitant à s’adresser à un parterre de décideurs et d’artisans de l’industrie qui génèrent aujourd’hui plus de 550 millions de dollars par année.

Au Québec, cette industrie représente plus de 6000 emplois, dont 4400 en développement, le Québec se classant d’ailleurs parmi les capitales les plus importantes du secteur dans le monde. Et si c’est le cas aujourd’hui, c’est parce qu’à l’époque où Bernard Landry était encore le «mégaministre» des Finances et le vice-premier ministre du Québec, sous l’administration de Lucien Bouchard, il avait mis en place un vaste programme pour s’assurer du développement de cette industrie à long terme.

À l’époque, tout avait commencé par la volonté de Bernard Landry de diversifier l’économie du Québec. Le futur premier ministre voulait s’assurer que le Québec se dirige vers des secteurs «à haute valeur ajoutée», comme celle des nouvelles technologies, dans le cadre d’une stratégie globale d’augmenter la valeur ajoutée des heures travaillées au Québec, dans des secteurs plus porteurs que le textile ou la fabrication de souliers.

C’est dans le cadre de cette réflexion, et d’une visite faite aux frères Guillemot, les patrons d’Ubisoft en France, que Bernard Landry comprendra l’intérêt du Québec à investir dans l’industrie du jeu vidéo. En 1997, pour les inciter à venir s’installer au Québec, le ministre des Finances met en place le «projet Ubi Soft» avec la collaboration du fédéral, qui consent un montant de 14,8 millions répartis sur cinq ans. De son côté, Québec va offrir une aide pouvant aller jusqu’à 50 millions sur dix ans.

Cette aide, qui sera ensuite offerte aux entreprises de chez nous qui désiraient s’installer dans les pôles du multimédia, finance en partie la formation de la main-d’oeuvre du secteur. Chacun des emplois de spécialistes donnera lieu à une subvention des deux gouvernements représentants de 25 000 $ pendant les premières années, sur des salaires de l’ordre de 60 000 $ après les années de formation.

Bien qu’on se souvienne plus des réussites de ces mesures incitatives à Montréal et Québec, Bernard Landry aime à rappeler que cette approche a également permis à une trentaine de villes du Québec de profiter des retombées du programme pour diversifier leur économie. Il se plaît à dire que c’était une offensive sur l’ensemble du territoire québécois.

Bernard Landry explique aujourd’hui la stratégie de son gouvernement: «Le gouvernement avait une stratégie de connecter les maisons d’éducation, cégeps et universités, avec cette industrie. Consolider les liens qui existaient déjà entre les milieux de formation et les nouvelles industries et en profiter pour impressionner les joueurs étrangers par la qualité de la main-d’oeuvre québécoise. Parce qu’à l’époque, on percevait déjà des talents québécois dans le domaine. Et le coeur de la stratégie, c’était la qualité de notre main-d’oeuvre.»

Maintenant, cette industrie va bien au Québec. Malgré les répercussions de la crise économique qui se font toujours sentir, les créateurs québécois semblent mieux tirer leur épingle du jeu que les autres sur la planète. Alors que le géant Electronic Arts annonce des coupures de 1500 postes dans le monde, aucun poste québécois n’est affecté.

De son côté, le studio Ubisoft de Montréal, qui génère plus de la moitié des revenus de l’éditeur de jeux dans le monde, s’apprête à lancer demain le second volet de la série Assassin’s Creed. Un titre qui a vendu plus de huit millions d’exemplaires à travers le monde. Avec toutes les critiques favorables et les courts-métrages d’Yves Simoneau basés sur la série qui circulent, les ventes du nouvel épisode devraient dépasser celles de la première édition.

Si la consécration de l’industrie doit venir de l’étranger, il faut se tourner vers le Japon pour voir le chemin accompli par le Québec. En mars 2008, le magazine japonais Famitsu, la référence dans l’industrie au Japon, avait qualifié le Québec de «paradis pour le développement des jeux vidéo». Une reconnaissance qui n’est pas étrangère non plus à tous les efforts de la Chine pour attirer sur son territoire les Québécois qui ont réussi ce succès chez nous.

À l’époque, Bernard Landry avait reconnu que les mesures incitatives coûtaient au fisc québécois plus de 30 millions de dollars par année, somme récupérée cinq ans plus tard en raison des emplois créés et des activités commerciales des entreprises. Mais il avait surtout dit: «Nous ne sommes pas uniquement dans l’économie. Nous sommes dans l’espoir pour les jeunes.» Et aujourd’hui, les faits lui donnent bien raison.

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1 commentaire

Classé dans Industrie, Jeu vidéo, Politique, Rencontre

Une réponse à “Bernard Landry, père de l’industrie du jeu vidéo au Québec

  1. Je suis habituellement d’avis que la politique est cette grosse chose compliqué et passablement inutile qui ne me concerne pas. Mais je suis content d’apprendre qu’elle a parfois des conséquences heureuse. Je suis un peu trop jeune pour avoir connu suffisamment Bernard Landry et avoir une opinion sur lui, mais je suis content de voir qu’il a influencé le domaine où je vais travailler plus tard.

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