Quand le texto part en campagne !

texting

Aujourd’hui, j’ai fait une découverte stupéfiante. Le Directeur des élections du Québec n’encadre ni les appels téléphoniques, ni les messages textes transmis par les différents partis politiques autorisés. Ni lui ni la Loi électorale.

Surprenant qu’en 2018, l’instance suprême qui veille à la bonne conduite et à l’encadrement des campagnes électorales au Québec soit aveugle devant toutes les campagnes de publicités et de sollicitations qui se font dans le monde de la communication numérique…

Depuis quelques jours, je reçois des captures d’écrans de gens qui reçoivent des textos non sollicités de la part de groupe de pression ou de parti politique pour leur demander leur soutien. Ces messages proviennent d’expéditeurs qu’ils ne connaissent pas et avec qui ils n’ont aucun lien.

Dans le cas du groupe de pression Québec FIER, les textos sont envoyés par une expéditrice nommée Ève qui demande : « Avez-vous peur que les libéraux de Philippe Couillard gagnent les prochaines élections ? Répondre: Oui Non ». Dans ce cas, on peut penser que Québec Fier a simplement fait l’acquisition d’une liste de numéro de téléphone cellulaire québécois et asperge le territoire de ses questions pour trouver des supporters.

Maintenant, dans un second cas qui concerne un parti politique officiel, Québec Solidaire, on a affaire à une tactique pas mal plus sophistiquée… Les gens ont reçu un texto personnalisé leur demandant s’ils allaient appuyer leur candidat dans une circonscription bien précise.

Le texto, envoyé à X ou Y, commence par une salutation personnalisée, enchaîne en se présentant et demande si le destinataire va appuyer le candidat local. Voici un exemple pour la circonscription de Mercier :

QS capture 1

La stratégie n’est pas illégale, si les gens de Québec Solidaire ont recueilli le numéro de téléphone et le code postal du destinataire dans le cadre d’une stratégie d’acquisition (harvest) sur quelques mois c’est plutôt même habile. Mais c’est la perception qui laisse un goût amer. Comment un parti politique peut-il savoir mon numéro de téléphone et où j’habite alors que je n’ai aucun lien avec eux et qu’ils ne m’ont jamais demandé la permission de communiquer avec moi.

Clarifions ici une chose, les partis politiques et OBNL ne sont pas concernés par la loi antipourriel du gouvernement fédéral. Mais cette façon de faire risque de laisser des traces…

Pour revenir à ma surprise du jour, que le Directeur des élections du Québec n’encadre, ni les appels téléphoniques, ni les messages textes transmis par les différents partis politiques autorisés en 2018… Ça laisse songeur alors que les campagnes deviennent de plus en plus microciblées… J’ai l’impression qu’une fois de plus, devant l’évolution technologique, Élections Québec regarde la caravane passer, le nez rivé sur les pages Facebook des candidats.

On en reparlera dans 4 ans…

 

1 commentaire

Classé dans Campagne électorale, Internet, Politique, Réflexion

Une réponse à “Quand le texto part en campagne !

  1. Important malaise par rapport à la stratégie de QS qui ramasse visiblement des données avec un consentement pas très éclairé de la part des électeurs. (en toute transparence, je bosse pour un autre parti !)

    QS ont fait beaucoup parler d’eux avec leurs pétitions en ligne il y a quelques mois (notamment pour demander la démission de M. Barrette : https://www.dehorsbarrette.com/). Tu remarqueras que le formulaire de cette pétition demande le # de téléphone et le code postal. Envoyer un texto aux gens avec leur nom et leur comté d’appartenance devient ensuite un jeu d’enfant.

    Pour moi, c’est un peu de la fausse représentation : supporter la démission d’un ministre et être militant d’un parti sont 2 choses bien différentes. Bien des caquistes ou péquistes (ou autre militant de l’un des 20 partis enregistrés au DGE) peuvent avoir signé cette pétition… En ce qui me concerne, ramasser des données avec le consentement clair et explicite de l’électeur (aucune ambiguîté sur la raison) n’est pas simplement qu’une question éthique, c’est une question d’efficacité, de qualité des données qui sont collectées. Et ça évite pas mal de dérapage de relations publiques.

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